Les failles…
Monday, January 30th, 2006- Anatole France
Cette semaine, je partage avec vous une de mes petites histoires préférées (dont je ne connais malheureusement pas l’auteur). Elle est un peu longue, mais je vous invite fortement à prendre le temps de la lire (et même, à partager ce message avec vos amis et collègues)… Vous ne le regretterez pas.
Bonne lecture, et bonne semaine!
L’une des jarres avait un éclat et perdait presque la moitié de sa précieuse cargaison en cours de route, alors que l’autre conservait parfaitement toute son eau de source jusqu’à la maison du maître.
Cela dura deux ans, pendant lesquels, chaque jour, le porteur d’eau ne livrait qu’une jarre et demi d’eau à chacun de ses voyages.
Bien sûr, la jarre parfaite était fière d’elle, puisqu’elle parvenait à remplir sa fonction du début à la fin sans faille.
Mais la jarre abîmée avait honte de son imperfection et se sentait triste parce qu’elle ne parvenait à accomplir que la moitié de ce dont elle était censée être capable.
Au bout de deux ans de ce qu’elle considérait comme un échec permanent, la jarre endommagée s’adressa au porteur d’eau, au moment où celui-ci la remplissait à la source.
“Je me sens coupable, et je te prie de m’excuser”.
“Pourquoi?” demanda le porteur d’eau. “De quoi as-tu honte?”
“Je n’ai réussi qu’à porter la moitié de ma cargaison d’eau à notre maître, pendant ces deux ans, à cause de cette fente qui fait fuir l’eau. Par ma faute, tu fais tous ces efforts, et, à la fin, tu ne livres à notre maître que la moitié de l’eau. Tu n’obtiens pas la reconnaissance complète de tes efforts”, lui dit la jarre abîmée.
Le porteur d’eau fut touché par cette confession, et répondit: “Pendant que nous retournons à la maison du maître, je veux que tu regardes les fleurs magnifiques qu’il y a au bord du chemin”.
Au fur et à mesure de leur montée sur le chemin, au long de la colline, la vieille jarre vit de magnifiques fleurs baignées de soleil sur les bords du chemin, et cela lui mit du baume au coeur. Mais à la fin du parcours, elle se sentait toujours aussi mal parce qu’elle avait encore perdu la moitié de son eau.
Le porteur d’eau dit à la jarre “T’es-tu rendu compte qu’il n’y avait de belles fleurs que de TON côté, et presque aucune du côté de la jarre parfaite? C’est parce que j’ai toujours su que tu perdais de l’eau, et j’en ai tiré parti. J’ai planté des semences de fleurs de ton coté du chemin, et, chaque jour, tu les as arrosées tout au long du chemin. Pendant deux ans, j’ai pu grâce à toi cueillir de magnifiques fleurs qui ont décoré la table du maître. Si tu n’étais pas exactement tel que tu es, jamais je n’aurais pu trouver des fleurs aussi fraîches et gracieuses”.
Libérez-vous de cette croyance que vous devriez être autre chose que ce que vous êtes. Vous êtes parfait — parfait pour ce que vous avez à accomplir sur cette terre. Votre mission est unique, et vous l’êtes tout autant. Il n’y a RIEN en vous qui n’est pas extraordinaire, car tout y est pour une raison. Plutôt que de juger vos «failles», profiter de leur présence pour semer des fleurs sur votre chemin…
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